Dossier : Mes enfants

Fiche 1 : Dolly & Molly (les jumelles)

  • Nées : 1781
  • Mortes : 1790 (âgées de 9 ans)
  • Cause du décès : « Fermeture accidentelle du puits d’oubli » (notation ésotérique).
  • Notes :
    • Toujours ensemble, même dans l’erreur.
    • Je leur ai cousu des souliers tressés de silences. Elles n’ont pas crié.
    • J’entends encore leurs jeux derrière le mur de la cave. Je ne vais plus là-bas.
    • Devenue des zombie, Dolly à manger Molly.

Fiche 2 : Johnny & Sammy (les garçons)

  • Nés : 1783
  • Morts : 1791 (âgés de 8 ans)
  • Cause du décès : “Brûlés dans leur chambre – feu d’origine occulte non élucidée.”
  • Notes :
    • Ils jouaient avec des cendres. Ils disaient voir quelqu’un dans les flammes.
    • J’ai retrouvé leurs semelles fondues, mais encore chaudes, comme si elles refusaient de refroidir. * Mot invisible, je suis heureux des avoirs brulé.

Fiche 3 : Catherina

  • Née : 1786
  • Disparue : 1795 (âgée de 9 ans)
  • Cause : Enlevée par la Peste qui Respire
  • Détails :
    • Elle seule parlait sans peur dans la maison.
    • Ses rêves collaient aux murs comme du miel. Elle disait connaître les noms véritables de mes ombres.
    • La Peste qui Respire est venue un soir sans lune. Elle a traversé les vitres, sans les briser. Elle a simplement pris Catherina, comme on prend un accord parfait.
    • Elle a laissé son lit tiède et ses pantoufles tournées vers la porte.
    • C’était la seule enfant que j’aimais.
    Annotation rituelle, encre noire sur fond rougeâtre : « Elle vit encore. Elle m’attend. Un jour, je passerai de l’autre côté, et je lui recoudrai le monde sous les pieds. »

✒️ Dernière page – ajout personnel d’Arthurs :

« On me dit que j’ai échoué. Mais j’ai vu des dieux tomber pour moins qu’un rire d’enfant. Si les flammes ont pris mes fils, si l’oubli a volé mes jumelles… alors moi, je volerai la mort à la mort. Catherina est à moi. Elle est toujours mienne. »

« Quand je l’aurai retrouvée, le monde saura pourquoi je marche encore. »

Note Sur Amanda

Ce n’était pas une nuit ordinaire. Je venais de la surprendre, Cette poison qui volait des preuves…

Élira. Silencieuse comme l’ombre d’un regret. Je l’avais trouvée dans l’aile arrière de l’atelier, là où personne ne va sauf moi, et les souvenirs. Elle effleurait les souliers de Mira.
Je m’apprêtais à parler. À lui dire qu’elle n’avait pas le droit. À l’effrayer, peut-être.
Mais alors…
La fenêtre s’est ouverte. Et Amanda est entrée.

Pieds nus. Robe en lambeaux. Un œil qui pleure et l’autre qui rit.
Et cette voix… Dieu que ça parlait. Trop. Trop vite. Trop fort.

« Tu vois ce que tu fais ? Tu vois ce que tu fais avec leurs pieds ? Ils crient, Arthur, ils crient ! Même les semelles ont des nerfs ! »
« Elle, là — elle n’a pas choisi d’être belle ! Tu crois que tu l’as inventée ? Tu crois que les cornes poussent pour toi ?! »
« On va tout laver, tout laver, tout laver… »

J’ai voulu l’arrêter. Juste lui dire de sortir.
Mais elle s’est mise à courir. Vers moi. Elle riait, et elle pleurait en hurlant.
J’ai levé la main.
Et elle… m’a brisé.

Il n’y a pas d’autre mot.
Ma nuque a craqué. Mon souffle est tombé. Tout est devenu noir, puis gris, puis tiède.
Et je me suis relevé. Non pas vivant, mais vidé. Avec ce trou, ce canal noir, juste sous l’oreille.
Mes parasites ont commencé à respirer par là.


Depuis… je ne sais plus si Amanda était réelle.
Peut-être une mère. Peut-être un fantôme. Peut-être Élira, en plus vieille, en plus folle, en libérée.

Ce que je sais, c’est qu’elle ne l’a pas touchée.
Elle m’a brisé, moi.
Et elle l’a laissée. Élira. Intacte. Comme un secret qu’on protège.


Je rêve d’Amanda.

« Tu vas encore les lacer, hein ? Encore un tour, encore une boucle. On n’échappe pas aux lacets, Arthurs. Sauf si on coupe les pieds. »

…Mais je pense à Élira.
Elle n’a pas crié.
Elle n’a même pas cligné des yeux.
Elle savait.

Et maintenant je la sens.
Elle est là, toujours là, entre les semelles et les ombres.
Je l’aime. Je la hais. Je la veux.

Liste manuscrite – Dates d’entrée + annotations marginales

(les noms barrés sont tracés avec une plume à encre grise, certaines lettres sont raturées ou effacées)

NomAnnée d’entréeStatutNote marginale
Tilda Morvant1763Rayée“Avait des doutes. Partie au 3e chant.”
Elene Cobb1766Rayée“A brûlé ses propres bottes.”
Magritte Vale1771Rayée“Semelle scellée. Restes envoyés au Bain.”
Norella Fythe1774Rayée“A crié le nom d’un démon.”
Brina Stoll1777Rayée“N’a jamais ri. Douteuse.”
Marylin Pyrot1799Rayée“Trop curieuse. Corps jamais retrouvé.”
Elira Duskhelm1799(non rayée)“Parfaite mesure. Marche en rêve.”

Correspondance d’Arthurs

Atelier de la Semelle Noire – Mournvale


Note manuscrite sur la page de garde (encre rouge sombre, presque sèche) :

« La noblesse ne marche pas. Elle imprime. Ce que l’on suit, c’est la trace du pouvoir. »
A.M


Liste de clients notables (extrait du Registre noir, codé)

  • Famille Kellthorn
    Commande ancestrale. Chaque génération passe l’empreinte à la suivante.
    Détail marquant :
    • Bottines de cérémonie aux talons creux pour accueillir une larme de l’enfant au sevrage.
    • Codification par prénom : Mira (F⁴) inscrite en clair sur la dernière semelle.
    Annotation en marge :
    “Elle est la clef. Son pas murmure la vérité que ses cornes cachent.”
  • Comte Darsewell
    Chaussures compensées à talon de plomb, pour masquer son boitement spectral. Intérieur gravé de prières inversées. Commande urgente avant le Bal de la Ténèbre.
  • Orphelinat de Cragstone (via tiers)
    *Livraison de chaussures à vis de contention. Marquage : « Lot 7 – enfants dociles ».
    Client masqué, signes d’appartenance à une congrégation.

Dossier personnel : Mira Kellthorn

(Dossier scellé – bris interdit sauf par le sang de l’auteur)

  • Statut : Héritière mineure de la lignée Kellthorn – Ramharr dissimulée.
  • Obsession déclarée : Empreinte mystique de la marche.
  • Études secrètes :
    • Relevés de ses pas sur différents sols (cendres, céramique, os de moine).
    • Analyse de fréquence sonore lors de ses déplacements (mention de “résonapathie”).
    • Plan interdit : création de chaussures à harmonique inversée pouvant altérer sa musique intérieure.
    Annotation griffonnée :
    “Si je peux la faire danser, je saurai ce qu’ils ont caché dans ses cornes.”

Croquis et schémas retrouvés dans la doublure du dossier

  1. Empreinte de Mira, reproduite à la main (symbole caché visible sous lumière lunaire)
  2. Plan de chaussures cérémonielles
    • Semelles évidées – insertion de gemmes d’écoute.
    • Contours runiques pour captation de chant d’âme.
    • Emplacement précis des points de pression liés à l’émotion

L’Homme aux Plumes Noires

📍 Lieu de vie : Londres (quartier de Whitechapel)
🎂 Âge : Inconnu
🩸 Race : Arcange
💼 Occupation : Apothicaire sous le nom de Rivers Jones

« Ceux qui rêvent sous mon aile ne tombent jamais vraiment. »

Nul ne connaît son véritable nom. Certains l’appellent L’Homme aux Plumes Noires, d’autres simplement l’Oiseau, en référence aux fragments d’ailes noires qu’il porte parfois dissimulés sous ses longs manteaux. Lui-même, depuis son éveil dans une ruelle souillée de Whitechapel, ne sait plus qui il était.

Ce réveil, il y a de cela quelques années, fut une chute — littéralement. Tombé du ciel ou d’un autre plan, son corps avait été brisé, sa mémoire effacée. Tout ce qu’il lui restait, c’était une douleur sourde entre les omoplates… et une certitude inexplicable : il devait protéger les Orphelins.

Depuis, il vit caché dans une vieille apothicaire reprise à un mort sans héritier, usurpant prudemment l’identité d’un hypothétique fils, sous le nom de Rivers Jones. Sa boutique, modeste en apparence, est en vérité un sanctuaire pour les blessés oubliés, les enfants perdus, les créatures traquées. Il soigne sans poser de questions, échange des remèdes contre des secrets, et distribue parfois de petites plumes noires à ceux qu’il sent menacés.

Une rumeur persistante hante les ruelles de Londres : un enfant porteur d’une de ses plumes ne mourra pas. Nul ne sait si cela est vrai, mais dans les cercles souterrains, certains seraient prêts à tuer pour en obtenir une.

Il reste discret, distant, mais profondément bienveillant. Pourtant, une ombre plane en silence au-dessus de lui. Car même les Arcanges ont un passé… et quelque chose, ou quelqu’un, semble désormais chercher à le réveiller.

  • Statistiques sociales :
  • Charisme brut : 12
  • Persuasion : 10
  • Dissimulation sociale : 20
  • Intuition sociale : 26
  • Influence de l’ombre : 24
  • Empathie brute : 28
Compétence unique : Main de Plume

Une fois par session, L’Homme aux Plumes Noires peut retirer gratuitement tous les malus temporaires (fatigue, terreur, poison, brûlure, etc.)

Une fois par mois, il peut retirer la Malédiction de la Fin à un enfant Ramharr.

Arthurs Mournvale

Lieu de vie : Londres
Âge : 41 ans
Race : Incube (étais humain) Contaminer par le Parasite de Belphegor
Occupation : Propriétaire de Mournvale – Atelier de la Semelle Noire

« Le cuir épouse la chair. Et parfois, il la dévore. »

Arthurs Mournvale est une figure incontournable des salons de la haute société londonienne. Aristocrate raffiné, collectionneur d’art et maître bottier, il dirige d’une main gantée l’atelier Mournvale – Atelier de la Semelle Noire, un établissement de luxe réputé pour ses souliers taillés à même les désirs de ses clientes… au sens propre comme au figuré.

Sous son élégance millimétrée et ses manières impeccables, Arthurs cache une vérité bien plus sombre : il est un incube, un démon dont la beauté glaciale n’est que le masque d’un prédateur. Pendant des années, il a siphonné l’essence vitale de femmes — jeunes ou âgées, nobles ou servantes — dissimulant ses forfaits sous le couvert de charmes occultes et de nuits oubliées.

Mais cette mascarade a pris fin brutalement, le soir où Amanda, figure mystérieuse d’un échoe de bonheur perdu, l’a attaqué. D’un coup net, elle a brisé sa nuque. Arthurs a survécu — ou plutôt, il s’est relevé. Depuis, son corps présente une fêlure au niveau du cou, un trou suintant par lequel ses parasites internes peuvent parfois être aperçus. Une corruption lente et douloureuse, qu’il dissimule derrière un col haut et des parfums trop capiteux.

Cet accident fut une révélation pour certains : les Orphelins ont compris la véritable nature de Mournvale. Mais pour lui, c’est Elira, l’une d’entre eux, qui cristallise désormais sa rage. Il la croit responsable de sa disgrâce, persuadé qu’Amanda l’a épargnée par choix. Depuis, Arthurs nourrit une obsession malsaine et charnelle pour la jeune Ramharr — un mélange vénéneux de vengeance et de désir qui pourrait bien le pousser à commettre l’irréparable.

  • Statistiques sociales :
  • Charisme brut : 42
  • Persuasion : 14
  • Dissimulation sociale : 31
  • Intuition sociale : 9
  • Influence de l’ombre : 25
  • Empathie brute : 7
Compétence unique : Marcheur de Peaux

Arthurs peut, une fois par scène, « enfiler » l’apparence physique et l’aura sociale d’une personne dont il possède un fragment corporel (cheveu, ongle, lambeau de cuir porté, etc.). Ce déguisement démoniaque est parfait pendant une heure… mais laisse à sa victime une sensation de vide, voire un cauchemar prolongé.

Lettre froissée d’un abonné régulier

“Mon cher Directeur,

Je n’ai nul doute que vos domestiques n’ont point perçu ce que j’ai ressenti. Mais depuis trois soirées que je fréquente votre salon privé, je suis frappé d’un malaise croissant. Ce n’est pas le thé — qui reste exquis — ni même l’absence de compagnie, que j’apprécie volontiers…

C’est ce bruit, Monsieur. Un murmure… non, un frottement. Comme si quelque chose glissait lentement dans les murs. Au début, j’ai cru rêver. Puis cela s’est rapproché, chaque soir davantage, comme un souffle humide cherchant à se faufiler jusqu’à moi.

Je vous le dis sans détour : il y a quelqu’un – ou quelque chose – derrière ce mur de velours. Et s’il me faut renoncer à mon thé préféré pour ma tranquillité d’esprit, je m’en abstiendrai désormais.

Veuillez agréer mes respects, et toutes mes inquiétudes.”

Signé : F.J.

Indice De la Balance

Le théâtre s’est levé après dix années d’ombre et de lumière,
Le poids qu’il garde est lourd de secrets anciens.

L’araignée tisse sa toile dans le même souffle que l’enfant perdu,
Son ombre danse au rythme des souvenirs d’Esmeralda.

L’aigle veille, fier, mais ne porte que deux ailes,
Loin des profondeurs, il scrute l’horizon du destin.

Le messager vaut quatorze pièces d’argent,
Mais ceci est le double de sa vraie valeur.

Le directeur, tombé ce jour-là, pèse lourd dans la mémoire,
Sa présence divise le fragile équilibre du passé.

Mémo de Piège

Père,

Si vous lisez ceci, c’est que je ne suis pas là… et que la chose est probablement encore dans son repaire.

Le mille-pattes géant, celui avec des cornes de Ramharr, revient toujours dans ma chambre quand je m’absente longtemps. Il se faufile au plafond et se terre dans mon port surélevé. J’ai placé des pièges juste au-dessus : ils ne s’activent que si quelqu’un tire les bons leviers au bon moment.

Rappelez-vous : il déteste le son des cloches. Une cloche de faune ferait parfaitement l’affaire pour l’attirer. Si vous aviez un assistant, il pourrait faire tinter la cloche pendant que vous activez les pièges.

Attention : les leviers sont inversés selon le chiffre gravé sur les cages. Le levier 1 déclenche la 6, le 2 la 5, le 3 la 4… et inversement.

Ne faites pas l’imbécile. Je sais que vous vous pensez immortel, mais je n’ai pas envie de vous recoudre une fois de plus.

— Gwen Devis

Derniers sifflements

Je ne sais pas pourquoi j’écris cela, peut-être parce que j’ai peur d’oublier… ou d’être oubliée.

Fildo, mon brave chien, a toujours répondu à mes sifflements. Même au plus fort des nuits d’orage, même quand tout le monde me disait de me taire. Il revenait toujours. Loyal. Fidèle. Plus que bien des hommes ici.

Depuis qu’il est mort… eh bien, c’est étrange. Je continue de siffler. C’est idiot, je le sais. Mais parfois, je jurerais entendre ses pattes sur les carreaux. Parfois, je sens une présence derrière moi, comme s’il s’asseyait, guettant un ordre.

Il avait une tâche, vous savez. Une petite mission de rien du tout : emporter avec lui la fausse clé. Pas la vraie. Oh non ! Celle-là, personne ne pouvait y toucher. Même moi, j’en ai eu des frissons rien qu’en l’approchant.

Le problème, voyez-vous… c’est que le sifflet a brisé. Je l’ai laissé tomber, ou c’est peut-être lui qui l’a brisé pour que je cesse d’appeler. Depuis, je cherche. Si seulement je pouvais siffler avec la même vibration, la même fréquence que ce fichu sifflet d’os… Peut-être que Fildo viendrait. Peut-être qu’il m’aiderait. Peut-être qu’il me la montrerait, cette satanée clé.

Mais j’ai la gorge sèche, et les souvenirs trop lourds. Si un jour je trouve un sifflet, j’irais sur la gallerie externe Ouest.