Ces noms ont été extraits de registres secrets tenus par Alric sous le nom de « Comptes d’Éclats Vifs ». Ces enfants sont toujours en circulation dans Londres, souvent sous fausse identité ou au service de puissances occultes.
Nom & Prénom
Âge
Race supposée
Dernier lieu connu
État
Ismael Trenwyck
12
Humain
Pension de la Loutre Bleue, Southwark
Détenu comme apprenti « indéfectible »
Sennia Blackridge
9
Demi-elfe
Chantier naval d’Eelpie
Exploitée comme « écoutante » dans les cales
Firo Ramhart
11
Ramharr
Égouts de Hackney
Fugueur, protégé par les rats-guides
Jonah Malk
10
Gnome
Entrepôt 43, Limehouse
Employé par la Guilde des Bouchers d’Esprits
Ellya Marchen
7
Humaine
Orphelinat des Ombres Tissées, Soho
Conditionnée au silence
Miro & Toma Gresley
6
Jumeaux Tieffelins
Collection du baron H——
Présumés « endormis » magiquement
2. Finances occultes et fraudes d’Alric
Alric dirigeait l’Atelier du Chrysoprase, façade de commerce d’objets alchimiques et d’antiquités. Il y faisait transiter des enfants à haute valeur rituelle ou sociale.
Revenus estimés annuels (trafics) :
Noblesse (usage ésotérique ou lignée stérile) : 1 200 livres
Rituels clandestins (Rose de Minuit, Veilleurs de l’Œil Nu) : 800 livres
Industrie (usine, mine, laboratoire) : 400 livres
Fraudes gouvernementales :
60 % des fonds royaux pour orphelins siphonnés via reçus falsifiés
Usage d’identités doubles pour les enfants (morts administrativement, vivants en esclavage)
Falsification de registres paroissiaux avec la complicité de deux curés
Complicité royale :
Le roi, sous le nom codé « Sire des Reflets », ordonnait certaines livraisons, évoquant des offrandes sacrées aux Vieilles Forces de Londres
En échange, Alric recevait immunité judiciaire et titres mineurs
3. Lettre d’Alric au Roi (copie interceptée)
Mon Roi,
Le premier cri de mon héritière a traversé les rideaux de soie cette nuit. Elle est vigoureuse, d’une clarté presque anormale, et son front porte la naissance d’un motif — une étoile inversée, formée de tâches pigmentaires. Comme convenu dans nos serments à la Tour de Sel, je vous cède ce fruit dès qu’elle marchera seule. Le lien du sang est une chose fragile comparée à l’honneur de servir le Trône. Prenez-la comme gage de ma loyauté éternelle, et si elle résiste, sachez que sa mère a déjà bu l’encre noire.
Puisse son cœur battre au rythme des tambours de Votre volonté.
« 18 octobre 1795 — Les craquements dans les murs ne sont pas de ce monde. Ils suivent la logique du rythme, non celle du bois. J’ai scellé le grenier, mais la chose murmure encore à travers les plinthes. »
« 5 janvier 1796 — J’ai enfermé la fiole dans l’autel entre De Umbrae Natura et Les sept souffles de Bannek. Elle ne doit pas tomber entre les mains de la Rose de Minuit. Ils cherchent déjà le “Tiers-lieu”. S’ils le trouvent, la ville perdra sa mémoire. »
« 22 février 1796 — Le père Cross a menti. Le géant n’est pas mort, il est enraciné sous le marais. Il respire. Et parfois, il rêve. Quand il rêve, je n’entends plus mes propres pensées. »
« 3 avril 1796 — Les enfants corniques — les Ramharr — semblent le voir. Le plus jeune m’a parlé de la “clé dans l’ombre”, mais je n’ai pas compris. Il m’a touché le front et j’ai vu Londres sans lumière. Ce n’était pas un rêve. »
« Dernière page griffonnée sans date — Si quelqu’un lit ceci : Allez au 17, White Hill Road. Trois étages. Derrière la bibliothèque, il y a une trappe que j’ai scellée avec du sel et de l’argent. Dessous, vous trouverez le début. Pas la fin. Le début. »
Ils ne comprenaient pas. Ils ne comprendront pas. Mais moi — MOI — j’ai vu le cœur palpitant du monde s’ouvrir comme une plaie en fleurs.
Le E-13. Merveille rampante. Presque — oh, si presque — parfait ! Ses fibres acceptaient la cadence. La pulsation. Il rêvait déjà avec moi. Mais il manquait l’étincelle… non, le sang d’étincelle. Et ce n’est pas dans les veines des hommes que l’on puise la vérité. Non. Non.
C’est avec le fluide du E-PC que les glyphes ont dansé. La chair a chanté. Le murmure de l’Ancien-Circuit s’est réveillé, doux comme un souvenir gravé dans l’os.
E-14… pauvre coquille fêlée. Le Vecteur de Vie Transmodulée devait l’achever, lui donner forme et raison — mais il n’a fait que hurler sans langue. Les autres VVT se sont déformés, liquéfiés ou ont fui dans les murs. L’un d’eux me regarde encore depuis la tuyauterie. Il attend.
Mais moi, je sais.
C’est le sang cendré.
Il n’a pas été souillé par l’humanité. Il est né entre deux mondes — et c’est de lui que jaillira la recréation.
Le monde est un corps malade. Il tousse des hommes.
Moi, Fex, je ferai fi du poumon. Je soufflerai à travers la cendre.